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L'aérogénérateur BEST-Romani de Nogent-le-Roi avait les caractéristiques techniques ci-dessous (voir également le résumé en chiffres) :
Roue éolienne :
 Hélice tripales à pas fixe en tôle d'alliage léger aluminium-zinc (AZ4G). Profil et structure de type « Aile d'avion ». Longueur d'une pale : 15 mètres soit un diamètre hors tout de 30,19 mètres. Axe de rotation à 32 mètres du sol.
 Alternateur synchrone à 6 poles d'une tension de 3 000 volts transformé en 15 000 volts pour le raccordement au réseau EDF. Puissance nominale apparente de 800 KVA soit 650 kW. L'hélice était reliée à l'alternateur par une liaison mécanique co-axiale impliquant deux trains d'engrenages épicycloidaux à denture droite.
 Vitesse de rotation : 47 tours / minutes. Vitesse de rotation de l'alternateur : 1 000 Trs / m (invariable car régulée par la fréquence 50 Hz du réseau EDF).
 Un embrayage permettait de désolidariser l'hélice de l'alternateur au moment du couplage au réseau.
 Le système était équipé d'un frein à disque de 1,8 mètre de diamètre dissipant une énergie de 2 millions de kilogrammètres. Il était en effet important de pouvoir freiner rapidement l'éolienne en cas de vent très fort faute de quoi le vent risquait de fournir autant d'énergie que le frein en enlevait jusqu'à destruction des garnitures et emballement de la machine qui aurait fonctionné en « mode ventillateur ».
 Des freins de secours redondants étaient installés pour évier tout emballement :
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par connexion de l'alternateur sur une ligne électrique de résistance en maillechort refroidie par l'air ambiant. Ce frein, théoriquement « de secours », était en fait utilisé systématiquement pour soulager les garnitures du frein à disque.
- par un système de spoilers encastrés dans le bord d'attaque des pales (freinage aérodynamique). Chaque spoiler était maintenu dans son logement par un ressort de rappel et une masse tarés individuellement en fonction de la position du spoiler sur le bord d'attaque de la pale. A partir d'une certaine vitesse linéaire, la force centrifuge provoquait l'éjection de tous les spoliers au même moment modifiant ainsi le profil aérodynamique de la pale. Les circonstances des essais ont été telles que ce système unique en son genre n'a jamais été utilisé, la machine ne s'étant jamais emballée avec cette hélice.
 A l'arrêt, un système de verrous évitait toute mise en route accidentelle de l'hélice.
 L'ensemble était logé dans une nacelle comportant une plateforme à la partie supérieure et accessible au personnel, sur laquelle étaient installés plusieurs systèmes oléo-hydrauliques embarqués (lubrification, commande des freins; de l'embrayage et des verrous).
 Le poids de l'ensemble nacelle équipée et de l'hélice était de 30 tonnes.
Le Pivot :
 Le plus petit cône était emboité à l'intérieur du pylône tripode et reposait sur une butée à billes.
 Le plus grand cône émergeait du pylône en totalité.
 La nacelle (ci-dessus) reposait sur l'extrémité supérieure du pivot. On accédait à celle-ci par une échelle verticale logée au dos du pivot entre les deux bandes métalliques de profilage aérodynamique.
 Au point de raccordement des deux cônes, une bande circulaire métalique de 20 cm environ était soudée. Elle permettait la rotation de l'ensemble sur un train de galets encastrés verticalement dans la partie supérieure du tripode.
 Grâce à ces dispositifs, l'aérogénérateur fonctionnait en mode « girouette » et s'orientait presque automatiquement dans le sens du vent (hélice vers l'arrière). Il était possible de commander l'orientation du pivot par un mécanisme servo-moteur commandé depuis la salle d'expérimentation. Il était également possible d'asservir l'orientation sur celle de la manche à air située au sommet du pylône de 60 mètres.
 Poids du pivot : 20 tonnes.
Le pylône tripode :
 Structure métallique de type treillis.
 Deux pieds orientés au Nord reposaient chacun sur un massif de béton de 150 tonnes environ par l'intermédiaire d'une platine en acier.
 Le troisième pied (au Sud) reposait sur un massif de 100 tonnes environ. Ce pied était fixé par une bielle verrouillable.
 Le poids du tripode était de 100 tonnes.
Au sol :
 La tension de l'alternateur était élevée de 3 000 à 15 000 volts pour raccordement au réseau EDF.
 La ligne extérieure à la station expérimentale était raccordée à la sous-station SNCF de Maintenon par deux tronçons :
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Le permier, provisoire et depuis disparu, longeait la D 148 jusqu'au chemin qui, contournant le parc du chateau, assure la liaison avec la D 104 ( Chemin de Chandres).
- Le second allait directement à Maintenon à travers les champs et les bois.
Au point de jonction des deux tronçons, un inverseur aérien à commande manuelle permettait de se connecter sur une troisième ligne 15 000 volts desservant directement Nogent-le-Roi. Cette possibilité n'a été utilisée qu'une seule fois les responsables d'EDF craignant que la production - variable - de l'éolienne ne perturbe l'alimentation électrique de la ville et de ses habitants.
Basculement :
 Pour ce faire deux treuils utilsés dans les mines avaient été mis en place sur deux massifs en béton de 25 mètres cubes dont 8 mètres cubes enterrés leur donnant une masse d'une vingtaine de tonnes :
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Le premier treuil (dit « Nord ») était relié à la plateforme supérieure du tripode par un mouflage constitué d'un câble d'acier multi-brins d'un diamètre de 25 à 30 mm à 6 ou 8 brins.
- Le second treuil (dit « Sud ») était relié à la bielle du pied Sud par un mouflage identique mais plus long.
Cet équipement permettait, après avoir orienté l'hélice face au Nord; amené les pales dans la position angulaire adhéquate et verrouillé l'ensemble, de basculer la totalité de l'éolienne pour qu'en fin de course l'hélice soit dans un plan horizontal.
L'axe de chaque pale se trouvait alors dans l'axe de la terrasse de la station de mesure et de l'une des deux branches d'un "Y" en tube d'échafaudage type « Entrepose ». Le nez de l'hélice se trouvait alors dans un trou situé au raccordement des branches du "Y" et de la station de mesure. Ceci permettait de dégager la casserole de l'hélice, les carénages, les engrenages ou l'alternateur sans difficulté alors que c'eut été quasiment impossible sur une machine non basculable.
La station de mesures et de contrôle :
 A une époque ou l'informatique était balbutiante, l'ensemble des mesures était géré par des dispositifs électrotechniques sophistiqués.
 La mise en route s'effectuait par une série d'opérations enchaînées nécessitant la présence de nombreux contacteurs, de relais et une multitude de contacts primaires (soit un total de 450 contacts en tout).
 L'installation devait être toujours en état de marche afin que les expériences puissent avoir lieu à tous les régimes de vent disponibles quel que soit le moment où ils se présentaient c'est à dire de façon très aléatoire. Pour s'assurer que le tout était en état de fonctionnement en cas de vent ou pour permettre un dépannage rapide, Pierre-Jean Cavey avait étiquetté la centaine de contacts auxilliares et les avait reportés sur un shéma permettant de diagnostiquer rapidement les défaillances.
 La station au sol comportait également de nombreux appareils de mesure : des baromètres enregistreurs, un psychromètre, une jauge d'énergie de type Ailleret, d'autres enregistrant la vitesse et l'orientation du vent à partir des mesures effectuées sur les 9 pylônes, le couple, les efforts sur le pivot mesurés par des extensomètres à fil résistant (jauges de contrainte), des galvanomètres, etc...
 Elle abritait groupe convertisseur raccordé au réseau EDF. Celui-ci faisait tourner une génératrice à courant continu destinée à produire le courant continu nécessaire à l'exitation de l'inducteur du générateur placé dans la nacelle. En effet la configuration de cette dernière ne permettait pas d'installer l'exitatrice dans la nacelle qui abritait déjà l'embrayage et un train d'engrenages. Le groupe faisait également tourner une seconde génératrice à courant continu qui alimentait une batterie d'accumulateurs de secours destinés à stocker suffisamment de courant continu pour alimenter le générateur en cas de panne de l'excitatrice.
Lancement :
Lorsque le vent était propice (supérieur à 2,5 beauforts et inférieur à 8 beauforts), les essais pouvaient être effectués. La mise en route de l'éolienne s'effectuait selon une séquence précise :
 Mise au vent. Fonctionnant en mode « girouette » elle s'orientait, comme il a été dit plus haut, presque face au vent (hélice en arrière). « Presque », parce que pour des raisons qui demeurent inexpliquées, l'appareil s'orientait avec un écart systématique d'environ 13 degrés par rapport au sens réel du vent. La manche à air du pylône de 60 mètres permettait un ajustement automatique. Si nécessaire, le responsable de la station pouvait également procéder à un ajustement manuel.
 Le générateur était alors mis en route, couplé au réseau, l'hélice débrayée et stoppée. Cette configuration permettait au générateur de se synchroniser avec la fréquence du réseau EDF (50 Hz) et de stabiliser sa vitesse à 1 000 tours / minute.
 Ce n'est qu'à ce moment là que le frein à disque libérait l'hélice. L'accouplement hélice - générateur se faisait ensuite en embrayant l'hélice sur le générateur ( voir le schéma).

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